France
Actualités Plate-forme
Article : Le co-développement a-t-il un (seul) sens ?
Actualités Plateforme
Actualités Pays
Article : Le co-développement a-t-il un (seul) sens ?
Initialement écrit pour les Journées du CERAS, Atelier « Co-développement ou développement solidaire ? - 12 février 2009
La longue histoire du co-développement
Le co-développement est un concept ancien dont la signification a considérablement varié en fonction des temps, des lieux et des orateurs qui l’emploient. Dans les années 60, l’idée ambitieuse – issue du « patois du PSU » (Michel Rocard) - était de placer les relations entre le Nord et le Sud, et plus spécifiquement l'aide publique au développement (APD), dans le cadre d'une analyse des besoins des États contractants. C’était un désir de donner une traduction concrète, immédiate, permanente à la solidarité (J-P. Cot, 1984). Aucune référence n’est alors faite à la migration.
A la recherche des lignes d’énergie avec les dynamiques migratoires…
Depuis les années 90, l’utilisation de ce terme est de plus en plus fréquente pour qui veut évoquer le lien entre « développement » et « phénomènes migratoires ». La nouvelle conception du « co-développement » est fondée sur une recherche de la complémentarité entre migration et développement : « Elle vise surtout à renforcer l’intégration en France tout en favorisant la solidarité active avec les pays d’origine, à créer les conditions sociales pour aider les migrants potentiels à demeurer chez eux (…). Elle signifie le dépassement de la coopération pour l’instauration d’objectifs communs. L’intérêt partagé de la France et des pays d’origine est de faire de l’immigration un vecteur de développement (Sami Naïr, 1997) ».
… ou un outil de gestion des flux migratoires ?
En 2003, le codéveloppement a été redéfini par le gouvernement français comme « la valorisation de l'action des migrants en faveur de leur pays d'origine quelle qu'en soit la forme (valorisation de l'épargne au service d'investissements productifs, transferts de compétences, ou apports d'expériences sociales et culturelles) ». L'accompagnement des migrants de retour et les aides à la réinsertion ont été rattachés à cette « valorisation de l'action des migrants » à qui on demande de ne plus l’être !






